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Serpent de mer

Le Président de la République a récemment remis sur la table des réformes envisagées la suspension des allocations familiales aux parents dont les enfants seraient trop souvent absents en classe. Le Gouvernement n’a pas trouvé mieux pour lutter contre l’absentéisme scolaire que de ressortir cette ancienne mesure des plus inégalitaires. Il compte étendre sa politique ultra répressive jusque dans les familles, pariant sur la menace et le rapport de force plus que sur la prévention et l’écoute.

Il faut dire que la possibilité de suspendre les allocations existe déjà depuis une loi de 2006, que nous devons à Dominique de Villepin, et a été confiée aux Départements. Mais les Présidents des Conseils généraux, majoritairement socialistes, n’ont jamais appliqué cette loi.

Le Président de la Caisse nationale d’Allocations Familiales a rappelé qu’en 2006 déjà la CNAF « avait donné un avis défavorable au projet de loi ». Il a résumé en quelques mots le non-sens de cette mesure : « S’il y a un désintérêt de l’école, il faut analyser la situation avant la sanction. Et la démarche d’accompagnement est à privilégier: les caisses sont là pour aider les parents, les allocations ne sont pas des récompenses ».

Enfin il faut être aveugle pour ne pas se rendre compte que l’absentéisme est répandu essentiellement dans les familles les plus démunies, et que suspendre les allocations n’aura pas d’autre résultat que d’entraîner ces foyers dans une spirale infernale de perte de revenus et de violence. C’est une mesure qui ne conduira parents et élèves qu’à haïr l’école de la République, parce qu’elle est injuste. Pire qu’inefficace, c’est une mesure irresponsable, un effet d’annonce démagogique et dangereux pour la société.

Pourquoi le Gouvernement ne s’interroge t-il pas sur ces mères de famille si mal payées qu’elles doivent occuper plusieurs emplois simultanément et ne sont jamais chez elles pour élever leurs enfants ? Pourquoi ne réfléchit-il pas à l’esprit revanchard de ces enfants que la République a stockés dans des Cités elles mêmes parquées en banlieue ?

Nous, Socialistes, nous croyons dans l’écoute sociale, l’aide, l’accompagnement, et la prévention, qui ne sont pas incompatibles avec la fermeté. L’absentéisme, comme la délinquance, est avant tout un problème social, lié aux difficultés économiques et aux conditions de vie. La droite sécuritaire, répressive, peut nous taxer de « naïfs » et d’ « idéalistes », mais nous refuserons toujours la logique du pire, celle qui consiste à aggraver les problèmes par aveuglement.

Ce n’est pas être naïf que de dire que les établissements « difficiles » nécessitent avant tout davantage de moyens humains et matériels. C’est être réaliste, et c’est défendre la justice sociale.

Nicolas TCHENG
Secrétaire de section

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